Notre Histoire


SUD = Solidaire Unitaire Démocratique
CAM = Crédit Agricole Mutuel

Pourquoi faire un historique ? Pour les jeunes générations venues dans l’union depuis peu, pour tous les camarades car le devoir de mémoire est le plus sacré des devoirs.
Charles Alexis de TOCQUEVILLE disait : "Quand le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres."

Éclairons notre lanterne et commençons par un petit voyage dans le temps.

En 1990, le syndicat autonome FGSOA (Fédération Générale des Salariés des Organismes Agricoles) dont la branche Crédit Agricole représentait l’essentiel du potentiel militant, connaissait de graves dissensions sur la Convention Collective Nationale signée en 1988.

Par qui avait-elle été signée ? Comme d’habitude, depuis des lustres, par le SNIACAM et la CGC puis dans la foulée par la CFDT contre l’avis des adhérents.

En 1991, le congrès FGSOA de la Plaine St Denis se transforma en morne plaine. Un congrès de branche tenu sous la houlette d’un administrateur judiciaire, pour éviter les fraudes et les malversations, un congrès fédéral aux allures de procès de Moscou avec l’exclusion arbitraire et ignominieuse du syndicat du Vaucluse, plus important syndicat de la branche Crédit Agricole.

Plusieurs syndicats démissionneront, solidaires des camarades Vauclusiens et se transformèrent en syndicats autonomes. Ces sections ou syndicats départementaux étaient au nombre de huit (Alpes-maritimes, Centre France, Vaucluse puis CAP, Midi, Centre Est, Centre Ouest, Var, Tarn).

Le syndicalisme Fédéral ou Confédéral, nous n’en voulions plus ! Peu de temps avant le congrès, des Délégués syndicaux des sections ou syndicats départementaux avaient été exclus par les instances nationales du fait de "leurs agissements" et des lettres recommandées avaient été envoyées aux directions, les patrons se frottaient les mains.

Aussi nous ne voulions plus revivre ces cauchemars !

Fini la bureaucratie syndicale ! Fini les comportements antidémocratiques ! Fini les manoeuvres et les coups tordus ! Il fallait inventer un nouveau type de syndicalisme.

Se regroupant, après avoir créé leurs syndicats autonomes départementaux ou régionaux (les fusions de CR commençaient) dans une union de syndicats autonomes, l’ UNSACAF, les 7 syndicats (le Tarn a rejoint l’union plus tard) créèrent avec l’autorisation de SUD PTT au congrès constitutif en Avignon l’union SUD CAM.

Les débats furent âpres et l’apport du SDDS (syndicat créé en Lorraine, dissident de la première heure de la CFDT) et du SLACA (élus de la Manche du 2ème tour aux élections professionnelles, sans étiquette syndicale, qui se sont ensuite organisés en syndicat autonome et qui ont été séduits par nos valeurs) furent décisifs pour franchir le pas.

Michel FOURNIER devint le premier Secrétaire Général de l’union. Sa notoriété de militant, son dévouement sans borne pour l’intérêt général et son intégrité représentaient les qualités idéales pour un porte-parole de notre union SUD naissante, deuxième SUD créé dans l’hexagone !

C’était en 1993...

Les valeurs fondatrices revendiquées en toute occasion, symbolisent notre syndicalisme, elles sont indissociables de notre idéal de société.
La solidarité avec la lutte permanente pour les plus défavorisés, l’unité contre le repli sectaire, la Démocratie garante du véritable débat, de l’expression des idées Humanistes et du respect mutuel.

Résolument pour une société au service de l’être humain, sans discrimination ou exclusion, pour un syndicalisme au plus proche du terrain et des préoccupations quotidiennes, pour la justice sociale et le partage des richesses...

Progressivement, la voie difficile choisie par les fondateurs attira des syndicalistes lassés des reniements et des compromissions, adeptes de notre éthique.

Ce mouvement fut lent, des années ! Nous étions peu nombreux au 2éme Congrès à Thionville en 1995 ! Un peu plus à Vassivière en 1997 où nous revendiquions une réduction du temps de travail à 32 heures sur 4 jours avec les embauches correspondantes.

Pendant ce temps, nous avions été rejoints progressivement par le Tarn qui avait monté un "collectif" (le CESA), le syndicat autonome de la CR de la Mayenne (exclus de la CFDT), les Gardois et l’Ile de France. Nous étions sur les rails !

La loi AUBRY 2 de 1999 et l’accord RTT de 2000 ont permis au patronat de récupérer à son profit une belle avancée sociale : annualisation, flexibilité, remise à plat des accords locaux et explosion de la productivité (aucune création nette d’emploi), avec en prime des exonérations de charges sociales pour notre entreprise milliardaire !

Participant pour la première fois aux négociations nationales, nous avons constitué un pôle de contestation, dérangeant le ronronnement pépère des bureaucraties syndicales à la solde de la FNCA !

Contestée devant les tribunaux par les Directions et certaines confédérations pas pressées de nous accueillir, nous avons obtenu définitivement notre représentativité nationale en appel en 2002.

Que de procédures, de réunions gardées par des vigiles, de constats d’huissiers, des expulsions manu militari, pour finalement gagner une représentativité légale qui coïncida enfin avec notre légitimité acquise depuis longtemps.

A partir de 2000 de nouveaux arrivants, venus essentiellement de la CFDT grossiront les rangs de SUD CAM, cette arrivée massive (une douzaine de syndicats sur 5 ans : Gironde, Landes, Lot et Garonne, Charente Dordogne, Touraine Poitou, Val de France, Charente Maritime Deux Sèvres, Gicab devenu Atlantica, Finistère, Atlantique Vendée, Champagne Bourgogne, Pyrénées Gascogne et Oise) va poser naturellement des problèmes de croissance.

Différences de culture, d’expérience, de formation permettent un enrichissement mutuel mais peuvent aussi créer des tiraillements entre des personnalités fortes.

Mais cette croissance nous a permis avec 26 syndicats et nos 132 élus CE d’avoir 4 élus au Comité de Groupe Crédit Agricole et ainsi devenir la seconde force syndicale au niveau des Caisses Régionales.

L’essentiel est que nous soyons assez conscients du bel outil au service des salariés que nous avons construit et qui doit vivre et s’épanouir, pour ne retenir que ce qui rassemble et pour toujours aller de l’avant, car nos valeurs ne sont pas cotées en bourse : l’humanisme et le progrès social !

Dans ce monde néo-libéral dirigé par la finance internationale dont le Crédit Agricole est un digne représentant, notre combat pour la justice sociale est plus que jamais d’actualité : n’oublions pas notre credo, seule la lutte peut changer le cours des choses !

Nous sommes en 2007, les fusions de CR continuent, le groupe Crédit Agricole s’étend mondialement dans un expansionnisme effréné, le mutualisme n’est plus que le cache-sexe d’une multinationale financière reniant ses origines et utilisant sans vergogne l’argent des sociétaires et des caisses locales pour jouer au monopoly grandeur nature : Spoliation des caisses locales, racket de la clientèle, exploitation des salariés, attaque sur les droits sociaux. Après une longue bagarre judiciaire, SUD a pu participer, en 2006, aux négociations sur la Convention Collective. En 20 ans par les différentes évolutions de la Convention Collective, les salariés ont perdu les avancements automatiques, les points d’ancienneté et de diplômes et maintenant, avec la complicité des CFDT, CGC, FO et UNSA, la notion du point. SUD n’a pas signé cette régression sociale car nos objectifs concourent à défendre les intérêts des salariés, pas ceux des patrons !

Nous croyons que le syndicalisme, que nous avons eu la prétention d’imaginer, peut continuer à se développer et constituer une alternative crédible au syndicalisme d’accompagnement voire de collaboration qui prédomine, malheureusement. Notre démarche était peut être utopique mais Victor HUGO disait que "l’utopie était la réalité de demain..."

Quels sont les fondements de notre syndicalisme ?

La démocratie : La démocratie est pour SUD CAM une composante essentielle du syndicalisme dans ses propres rangs comme dans la relation entre le syndicat et les salariés. La liberté d’expression des adhérents et des syndicats doit être assurée. L’Union SUD CAM est uniquement composée de syndicats. Ils conservent ainsi leur autonomie et le pouvoir de décision. C’est une structure pyramidale inversée, les réflexions viennent de la base et motivent les décisions au plus haut niveau, contrairement aux centrales syndicales type CFDT, où le permanent parisien peut signer un accord même si la base n’est pas d’accord. L’Union SUD CAM fédère les syndicats, son rôle est de regrouper et diffuser toutes les informations nécessaires. Elle permet aussi aux syndicats de se rencontrer pour débattre, proposer des actions afin que ceux-ci dépassent la vision sectorielle et unissent leurs connaissances pour de nouvelles conquêtes sociales réductrices des inégalités sociales et économiques.

La Solidarité : Les syndicats qui forment l’Union SUD CAM accueillent les cadres, les techniciens et les employés. Les dossiers, les problèmes sont abordés et débattus en commun, chacun apportant ses idées, son expérience, sa richesse. Cette politique, non catégorielle, permet à nos syndicats, et à notre Union de régler bien des problèmes en présentant un front uni face aux Directions.

La transparence : Le fonctionnement de SUD CAM doit être le plus transparent possible, tant au niveau des débats, des décisions que des finances.

Le militantisme : SUD CAM développe un syndicalisme de militants, il se construit comme un outil des salariés au service des salariés. Les élus SUD CAM sont proches des agents, ils partagent leurs soucis et leurs problèmes. Les élus SUD, quel que soit leur grade, se présentent sur le même programme et accomplissent leur mandat avec les mêmes objectifs. Ce comportement séduit les salariés : partout où nous sommes présents, SUD CAM progresse.

L’indépendance : L’Union élabore ses orientations, arrête ses choix dans la plus totale indépendance des organisations politiques, des gouvernements et du patronat. Cette indépendance ne signifie surtout pas neutralité ! A ce titre, SUD inscrit son action dans la conception du syndicalisme définie en 1906 dans la charte d’Amiens qui assigne un double objectif et une exigence pour le syndicalisme : défense des revendications immédiates et quotidiennes des salariés et lutte pour la transformation d’ensemble de la société.

Interprofessionnel : SUD CAM fait partie de l’Union Syndicale Solidaires et participe aux scrutins hors de l’entreprise (Prud’hommes, MSA mais il faudra se battre pour que nos listes soient acceptées, Chambre d’Agriculture).

Quelle est la ligne directrice d’action de SUD CAM et quels sont ses projets?

La ligne directrice d’action de SUD CAM est la recherche d’une plus grande justice et d’une plus grande solidarité. Nous défendons les intérêts des salariés.

Les principaux projets de SUD CAM s’inscrivent dans cette démarche :

  • Unir les salariés, quels que soient leurs statuts, qu’ils soient des sièges ou des réseaux, quels que soient les départements ou les régions dans lesquels ils travaillent.
  • Lutter pour l’emploi et contre la précarité, en posant clairement le problème, en analysant les causes, en proposant des réponses adaptées : réduction du temps de travail, 32 heures sur 4 jours sans réduction de salaire avec embauches correspondantes.
  • Répartition plus juste des revenus et des richesses.
  • Oeuvrer pour le pouvoir d’achat avec une nouvelle Convention Collective qui répond aux attentes des salariés.
  • Lutter pour l’amélioration des conditions de travail.
  • Oeuvrer pour l’égalité hommes/femmes tant dans la rémunération que dans la fonction et la formation.
  • Lutter pour la promotion des femmes et des hommes qui composent l’entreprise et non pas pour le compte d’exploitation.
  • Informations et actions permettant aux militants SUD CAM de faire face efficacement aux fusions, aux regroupements et aux grands projets technologiques : un emploi pour tous, accepté par tous, sans déqualification.
  • Agir pour que les investissements soient créateurs d’emplois et non réducteurs d’emplois.
  • Renforcer la protection sociale, nécessité impérieuse pour SUD CAM qui a des propositions innovantes et crédibles : s’opposer au gel des salaires et refuser les rémunérations non soumises aux cotisations sociales, modifier l’assiette du financement de la protection sociale afin de ne plus pénaliser le travail humain
  • Développer un syndicalisme qui s’adresse à tous les salariés sans lesquels rien ne peut se construire.
  • Etre un acteur crédible du développement durable.

SUD CAM ne prétend pas apporter LA SOLUTION mais Des solutions possibles, adaptables en fonction du contexte et du rapport de force qu’ont ses adhérents. Un syndicalisme Solidaire Unitaire Démocratique. Un syndicalisme démocratique permettant au maximum d’adhérents d’être partie prenante des décisions pratiques garantissant une réelle indépendance et qui se fonde sur l’opinion de ses adhérents pour définir ses orientations et ses prises de positions face aux patrons et pouvoirs publics.