PARLONS BANQUE EN 30 QUESTIONS : 3EME QUESTION


Publié le 02/02/15

"PARLONS BANQUE EN 30 QUESTIONS", doc'en poche de la documentation Française de Jézabel COUPPEY-SOUBEYRAN et Christophe NIJDAM

D'OU VIENT L'ARGENT DES BANQUES ?

Des déposants : Traditionnellement, une banque se finance auprès de ses déposants. C'est la seule entreprise dont les clients sont aussi ses créanciers. Pourtant, ceux-ci n'entendent pas faire un investissement risqué. Leur argent est confié à la banque par souci de sécurité, même par nécessité. En effet, pour avoir un logement, un travail, de l'électricité, un téléphone etc., il faut posséder un compte bancaire. Les déposants ne sont donc pas des clients ordinaires. Mais leur part n'a cessé de diminuer au bilan des banques universelles françaises : plus de 70% de dépôts dans les années 1980 contre un peu plus de 25% en moyenne en raison de l'expansion débridée des activités de marché et à l'étranger.

Des marchés : Les banques se financent aussi auprès d'autres banques, sur le marché interbancaire, et auprès d'investisseurs, sur les marchés monétaires et financiers. En moyenne, en France, dans les banques commerciales, les emprunts interbancaires et les émissions de titres représentent plus de 50% des ressources contre moins de 20% dans les années 1980. Au sein des émissions de titres, les banques ont privilégié la dette de court terme, réduisant la stabilité de leurs ressources. Une autre évolution peut inquiéter : la part croissante prise par les ressources issues d'opérations sur les marchés dérivés pour les grandes banques universelles.

Les fonds propres : une importance cruciale : Les fonds propres sont la seule ressource non remboursable figurant au bilan des banques. Constitués à partir des actions émises et des bénéfices mis en réserve, ils permettent d'éponger les pertes en cas de difficulté. Moins de fonds propres implique une moindre capacité à faire face à de mauvais résultats. Quand une banque ne détient pas plus de 4% du total de son bilan en fonds propres, cela signifie que 96% de son actif est financé par de la dette. Qui d'autre qu'une banque peut financer ses investissements en s'endettant autant ? Personne ! Cela signifie aussi qu'une perte supérieure à 4% suffit à épuiser les fonds propres. Au-delà, la banque devra obtenir une recapitalisation (augmentation de son capital) de ses actionnaires, ou faire appel aux pouvoirs publics pour la sauver, c'est à dire ... aux contribuables.

Les produits dérivés, une source d'inquiétude : Ils servent à transférer des risques. Ces contrats à terme (exécutables à une date future), fermes ou optionnels (conférant à l'acheteur le droit de ne pas exercer le contrat), permettent d'acheter ou de vendre un montant de titres, de devises, d'indice, etc. Lorsque la valeur de l'opération est négative, on l'inscrit au passif; Quand elle est positive, on l'inscrit à l'actif. Si les dérivés "passifs" excèdent les dérivés "actifs", il y a des pertes latentes sur ces instruments. Lorsque les activités de dérivés sont hypertrophiées,la contribution de la banque au risque systémique augmente.